Sous les halles de Talensac, lors de la 2e Nuit de la fraternité, associations et sans-abris invitent les Nantais à les rencontrer. Autour d’un bon casse-croûte, entourés de musiciens.

« Ils sont de plus en plus jeunes » à vivre dans les rues de Nantes, à errer sans logement fixe. « Certains s’en sortent mais ils ne sont pas nombreux », souffle Thérèse Masson de l’Écoute de la rue. D’autres acteurs du monde associatif (Veille sociale, Saint-Benoît Labre, Écoute de la rue, L’Homme debout, Brin de causette, Le Gué, Les Eaux vives, etc.) qui oeuvrent pour les sans-logis constatent que, parmi cette population, figurent beaucoup d’étrangers et de demandeurs d’asile. « Ce sont des personnes qui bougent beaucoup. »

« Au moins dire bonjour »

Tous se retrouveront vendredi 21 décembre à Nantes, sous les halles de Talensac, pour la 2e Nuit de la fraternité organisée par Logement fraternité, qui collecte des fonds pour aider les associations militantes à « construire, aménager, meublser des logements ». Ils auraient pu choisir de parler de la situation des sans-abris nantais autour d’une bonne table, bien au chaud, ils ont préféré en parler là où vivent les SDF, dans la rue.
« Il ne s’agit pas d’une action revendicative mais d’un moment à la fois pédagogique et festif pour faire prendre conscience aux habitants de l’existence de ces sans-abri, explique Bernard Daurensan, président de Logement fraternité. Et montrer qu’il existe des bénévoles, des travailleurs sociaux qui se dévouent et qui agissent. Car on peut agir. »
Ce moment, ils envisagent de le partager avec le plus grand nombre. « L’an dernier, 300 personnes étaient venues, dont des personnes à la rue. Nous avions senti un courant de sympathie, les gens sont sensibles… On n’est pas toujours obligé de donner une pièce à ceux qui font la manche, mais dire « bonjour » est pour ceux qui vivent dans la rue une preuve de reconnaissance. »
Au menu ce soir-là, grillades et choucroute mitonnée par la taverne du château. Les clubs services (Lions et Rotary) offriront les gâteaux et le café. Daniel Givone grattera sa guitare sur des rythmes manouche, le choeur de chambre Babel canto proposera son tour des chants du smonde et la chorale de la rue, composée de SDF, chantera pour le public. « Une chaussette sera mise à disposition pour recueillir des dons. »
Certains prédisent la fin du monde pour le 21 décembre. Optimistes, ces militants souhaitent que « ce 21 décembre-là soit la fin du monde… de l’individualisme ».
Vendredi 21 décembre, de 19 h à 1 h, Nuit de la fraternité, au marché de Talensac.

Le 21, ils rêvent d’une nuit d’hiver fraternelle